
Musée intercommunal d'histoire et de société à Gonesse











Un paysage qui fait signe et sens
La transformation de l’ancien hospice de Gonesse en Musée intercommunal d’Histoire et de Société constitue un projet total, tant il croise les périmètres d’intervention et les enjeux de conception à toutes les échelles.
Le paysage crée un prélude au récit muséal. A travers le traitement des limites, la clarté des séquences et la générosité des ambiances végétales, le projet développe un cadre fédérateur capable d’instaurer de nombreux liens entre patrimoine et modernité, espace public et exposition, habitants et visiteurs, patients et chercheurs.
Le jardin participe à la mise en scène du musée, organise les flux et guide le visiteur vers la nouvelle entrée. Il se structure autour d’un travail fin de nivellement prenant la forme d’une succession de terrasses plantées. Des alcôves, pensées comme des « poches de découverte », offrent aux visiteurs un premier contact sensible et informatif avec le site.
Une identité renouvelée
Le bâtiment existant, très tramé et marqué par sa composition axiale et symétrique, souffre avant tout d’un manque de porosité sur son environnement extérieur. Accueillir sans distinction toutes les catégories de public, qui plus est au sein du centre hospitalier de Gonesse, implique de le rendre d’avantage ouvert sur le site.
L’extension trouve ainsi sa raison d’être dans sa capacité à renouveler l’identité de cet édifice. Cette construction largement vitrée, contenue entre les deux ailes latérales, décline reflets et transparences en fonction des heures de la journée. Elle révèle d’une manière inattendue la dimension patrimoniale de l’existant tout en exposant sa modénature clairement contemporaine en direction du centre-ville.
L’extension comme trait d’union
La galerie se développe tout le long du corps central de l’ancien hospice, le long de sa façade sud. Elle constitue un parallélépipède qui s’étend sur 36 mètres de long, 7,50 mètres de haut et seulement 4 mètres de largeur. En effet, la finesse de ce volume lui permet une emprise minimale au sol, induisant un travail en sous œuvre circonscrit.
Au premier étage de cette galerie, se déploie une coursive. D’une largeur de 2 mètres, elle permet de desservir les sept séquences muséographiques du parcours permanent. En effet, il nous est apparu primordial de suivre la recommandation du programme, demandant explicitement un parcours « en peigne ». Le visiteur a ainsi la possibilité de sortir du parcours entre chaque espace, pour composer son propre itinéraire de visite (et par exemple visiter l’espace 2, puis 4, puis 6). Grâce à ce cheminement en aller-retour, il devient acteur de son parcours d’exposition. La coursive - et par conséquent l’extension - devient de fait le trait d’union entre tous les modules scénographiques du parcours.
Elle instaure également un lien visuel prégnant entre le rez-de-chaussée et le premier étage. N’occupant que la moitié de la largeur du volume de la galerie, cette déambulation haute est mise à distance de la façade de l’hospice. Cette mise à distance permet à la façade existante d’être appréciée sur toute sa hauteur depuis le rez-de-chaussée jusqu’à la toiture.
Une verrière apporte une lumière zénithale au droit du vide laissé par la coursive, pour permettre aux rayons du soleil de raser la façade rugueuse (pierre et enduit neuf) et révéler par des jeux de clair-obscur l’ensemble de ses reliefs et modénatures. Les percements de l’étage et les arcades du rez-de-chaussée sont ainsi pleinement mis en valeur.
Seuils et usages
Le franchissement progressif de seuils intérieurs mène les visiteurs depuis l’entrée sud vers le chevet de la chapelle, après avoir traversé l’extension, l’accueil / boutique et le module Gonesse au sein duquel trône une maquette de la ville. Le grand escalier hélicoïdal et sa passerelle suspendue invitent chacun.e à se rendre à l’étage pour visiter l’exposition. Sa forme épouse la volumétrie du chevet tout en se tenant suffisamment à l’écart des façades pour en faire le tour.
Les espaces dédiés à la pédagogie et aux conférences, ainsi que leurs fonctions supports, prennent place dans l’aile ouest ; la salle hors-sac, la cuisine du salon de thé, ainsi qu’une zone logistique, dans l’aile est.
Les sept séquences muséographiques se déploient dans chacune des sept travées du premier étage. Des bandes servantes, pour les circulations verticales, l’atelier de montage, une régie scéno-technique et des sanitaires, ont été positionnées en interface.
Expérience de visite et scénographie
Au débouché de la passerelle suspendue, les visiteurs pénètrent dans la salle Actualités. En balcon sur le volume de la chapelle, cet espace sert de rotule en entrée et en sortie du parcours permanent. Cette implantation fait sens car son contenu est destiné à évoluer plus fréquemment que celui des autres séquences.
A partir de là, de nombreux circuits sont envisageables et au choix. Afin de suivre la recommandation du programme, demandant explicitement une distribution « en peigne », le parcours se veut tabulaire. La coursive permet ainsi d’atteindre chaque séquence sans devoir en traverser une autre. De part et d’autre de la salle Actualités sont implantés, dans l’aile ouest, les modules Repères-forum, Citoyens éclairés et Faire société ; et dans l’aile est, les modules La grande collecte, Santé citoyens et Divers-cité.
Les allers et retours permanents entre les salles d’exposition et la coursive ouverte sur la ville sont autant d’occasions pour les visiteurs d’aiguiser leur conscience citoyenne en les invitant à faire le lien entre les thématiques abordées et leur ancrage territorial.
Les formes arrondies caractérisent la ligne design des nombreux dispositifs scénographiques (podiums, assises, cimaises, alcôves). Ce registre formel fait écho au chevet, seule courbe existante dans le bâtiment, et au grand escalier hélicoïdal. Il répond également à notre volonté de déployer des formes propices à l’accueil des groupes.
Aux dispositifs posés, répondent ceux suspendus. Beaucoup plus légers et évanescents, ils sont constitués de toiles souples et translucides, supports d’éléments graphiques et/ou numériques (questions, dates, mots-clés, iconographies, schémas, images d’archives et documentaires, etc.). Une déclinaison chromatique contribue à distinguer chaque séquence et à renforcer leur identité propre.
Projet
Musée Intercommunal de l'histoire et de société
Lieu
Gonesse, France
Marché
Public
Surface
1834 m2
Équipe
Projectiles, architecte (mandataire) et scénographe
Pollen, paysagiste
Bollinger & Grohman, BET Structure
Maya Construction Durable, BET fluides
Execo, économiste
Richard Bas Becker, graphiste
Aura Studio, designer lumière
GIE Relab, designer multimédias
Atève Ingénierie, BET VRD
Altia, acoustique
Art X Bat, OPC
Maîtrise d'ouvrage
Communauté d'agglomération Roissy Pays de France
Phases
Concours
©Projectiles
©Benoit_Joseph Grange
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